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Le syndrome de l’artiste affamé ou artiste fauché  (connu en anglais comme le “starving artist syndrome”) est un terme qui vous parlera si vous avez du mal à concilier une activité que vous aimez et des revenus corrects. Si vous avez aimé mon article sur le fait de ne pas travailler gratuitement, vous allez trouver cet article très utile pour débloquer cette mentalité d’auto-sabotage.


Pourquoi on parle "d'artiste affamé"?

À la base, le syndrome de l'artiste affamé concerne les professions artistiques. Ces personnes se retrouvent souvent à choisir entre leur passion et des revenus décents. Les métiers artistiques qui ont une haute barrière à l'entrée, laissent beaucoup d'artistes sur le carreau. Aujourd'hui ce problème ne concerne plus que les artistes, mais toute personne qui a une passion qu'il voudrait transformer en carrière.

Il y a cette notion erronée qu'un travail doit forcement être pénible, encore plus quand il est bien rémunéré. C'est un cas typique du syndrome de l'imposteur (j'en parle dans cette vidéo). Donc beaucoup de créateurs par exemple (entrepreneurs, bloggers, youtubers, et bien plus encore) qui prennent plaisir à faire ce qu'ils font ont du mal à demander une rémunération en échange de leur temps, leurs produits et services sans culpabiliser. C'est aussi commun que les bénéficiaires du service aient du mal à accepter qu'une personne qui engage son temps et son énergie ne puisse pas le faire gratuitement pour toujours (et elle ne devrait pas d'ailleurs). 

Qui est l'artiste affamé moderne?

Le résultat, et bien c'est que beaucoup de créateurs (au sens large) vivent comme des artistes affamés, avec le revenu minimum et sacrifiant un confort minimum pour vivre de leur "art". Ils ont du mal à se vendre, car ne veulent pas passer pour des fraudeurs. Sinon ils ont du mal à vendre leurs produits et leurs services à un prix correct car ils se sentent comme des imposteurs.

Il y a aussi un effet d'imposture qui dépend beaucoup du domaine dans lequel on travaille. La société a pris l'habitude de définir des jobs "sérieux" par opposition aux jobs "superficiels". Par exemple, on acceptera plus qu'un entrepreneur qui lance une start-up dans un domaine "sérieux" soit bien payé. Mais, on sera moins d'accord qu'un blogueur  (qui est aussi entrepreneur en passant) sur un domaine qu'on considère "superficiel"  comme la mode ou les jeux vidéos fasse payer ses prestations par exemple.

L'artiste affamé moderne, c'est aussi une personne qui veut travailler dans le domaine caritatif, ou social ou dans un domaine qui permet de soutenir une cause. Ces personnes ont aussi du mal à demander des rémunérations correctes, alors que c'est ce qui leur permettrait  de donner plus de leur temps. 

À lire : Pourquoi il ne faut pas travailler gratuitement

La légitimité d'entrepreneur

La première notion a bannir, c'est celle salon laquelle il y a des entrepreneurs plus légitimes que d'autres. Peu importe votre domaine, vous pouvez gagner des revenus corrects si vous faites ce qu'il faut. C'est tout cet aspect "business" que les artistes affamés occultent totalement. Réaliser que vous êtes tout aussi entrepreneur qu'un autre va justement vous aider à faire plus d'argent. Comme tout entrepreneur, faire de l'argent n'est pas juste une conséquence de votre travail, mais c'est votre travail à part entière. Gagner sa vie en sachant se promouvoir, parler de soi, trouver de nouvelles opportunités, se vendre  sont vos responsabilités à part entière. Cette part de réalité qu'il faut accepter détermine le succès d'un entrepreneur, souvent bien plus que ne le fait l'aspect "créatif".

Les compétences pour ne plus être un artiste affamé

La première compétence cruciale à apprendre, c'est comment mieux se vendre. Parler de soi est tout un art que même les meilleurs mettent des années à maîtriser. Si vous devez apprendre à vous présenter à l'oral, entrainez-vous à aborder une personne et à faire un petit pitch personnel; encore faut-il savoir quoi mettre en avant. Le storytelling ou l'art de raconter son histoire fait partie des choses à apprendre pour le coup. Sinon, si vous devrez parler de vous à l'écrit, le copywriting, ou la rédaction publicitaire est essentiel pour convaincre.

La deuxième compétence (c'est d'ailleurs plus une action qu'une compétence), c'est le fait de savoir facturer ou chercher des prestations qui vous permettent de vivre décemment au minimum. Forcement, quand on débute, on a du mal à justifier sa légitimité, et on aura tendance à offrir gratuitement ses services, ou à les facturer très bas. Même si c'est pratique courante, cette période ne doit pas durer plus de quelques mois. Plus vite vous serez à l'aise avec la vraie valeur de vos compétences, et plus vous allez surmonter cette lutte financière qu'est la vie d'artiste affamé.

Je pense enfin qu'une grande partie de ce travail est à faire sur votre légitimité à vos propres yeux. La réussite de votre activité dépend de votre réussite à la fois dans la partie créative ET dans la partie financière. Si vous savez gérer votre créativité, n'hésitez pas à vous former, à lire des livres et à suivre des personnes qui vont vous donner les compétences qu'il vous manquent dans la partie marketing et business.

Le Syndrome de L’artiste Affamé
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